Boudoir et Cie

26 novembre 2016

Petit Poisson et Chien Tête en Bas

yoga grossesse humour

Il y a presque 7 mois, j'apprenais la super nouvelle, l'inespérée joie, de pouvoir revivre ce moment magique de la maternité. Bon c'est pas comme si ça faisait 10 ans que ça ne m'était arrivé, pas comme si tout était à réapprendre.  

Passées les premières angoisses de "nan mais attends, c’est pas possible, on va tout chambouler, Mini-tortue, mes liens de maman-poule avec elle, et puis tes liens à toi de beau-papa-poule on va faire comment?", passés le "nan mais attends, on n'a pas de chambre pour le petit poisson, on fait comment on change de maison?" , passé aussi le "et puis sérieusement, je vais prendre du poids… ", Voilà, c’est dit… alors je finis par me calmer. Il faut dire que l'Homme-Force-Tranquille à mes côtés sait y faire "ça va aller" (à prononcer avec une voix grave et posée), "Marie, on a encore du temps pour se préparer", "tout va bien se passer, je suis là"... _ Moui, tu es sûr (que ça va bien se passer hein, parce que je sais qu’il sera là)? Moui c'est sans doute toi qui a raison... (bon, on est d’accord çà, ça vaut pour Mini-Tortue, pour la maison, pour la logistique, mais pour le poids c’est une autre affaire !)

Donc, moui mais quand même, j'ai super peur, nan mais parce que, au-delà de tout recommencer, au-delà de la joie immense qui m'envahit,  c'est qu'en plus de tout ça, ben moi j'ai 10 ans de plus, ma tête, mes rides, mes cheveux blancs et ma peau ont 10 ans de plus… On dira ce qu'on veut ce n'est pas rien... je les entends mes collègues, mes copines, bref, toutes les femmes, dire et répéter, qu'avec l'âge on ne récupère plus les kilos en trop, que la peau n'est plus aussi souple qu'avant, elle garde les traces... "ah oui ? Les traces, toutes les traces...??? "

On inspire et on expire, flexion, extension, tout va bien se passer : c'est l'Amoureux qui l'a dit !

Alors, quand vient le moment de ranger les armoires, de passer des robettes estivales que tu as eu la chance de pouvoir mettre encore parce que de toute façon elles étaient amples, ne gênant pas ce petit centimètre (ou 2) qui entoure tes cuisses, à celles d'hiver : exit les jolis pantalons, les belles chemises cintrées et les super tenues de l'an passé. Tu les laisses soigneusement dans les cartons et tu pleures un bon coup à chaque pièce que tu vois et que tu tentes d'enfiler : les bras ça passe, mais c'est la poitrine qui coince, alors le ventre on ne tente même pas. Exit ce nouveau jean Slim que tu as pu mettre exactement 3 semaines, et qui reste coincé en haut des cuisses.

Au passage tu te remercies quand même d’avoir dans tes fringues des trucs qui jusque-là étaient un peu trop larges, et qui te donnent l’illusion de n’avoir pas pris un gramme parce que Ô joie, tu rentres encore dedans.

Mais, sûr, croix de bois, croix de fer, l'an prochain, cuisses coincées  ou pas Jean slim tu mettras !

Et puis BIM, le truc est tombé, tu te retrouves coincée à la maison, petites complications. Finis les efforts naturels, ceux qui font éliminer sans y penser ; se lever, marcher, travailler, cogiter, réunioner discuter, remarcher, recogiter, etc…  A ce stade, tu finis par compter les pas que tu fais chez toi (et ce n’est pas grand chez toi), tu tentes de ne pas optimiser les montées et descentes d’escalier, pour favoriser l’élimination de cette « rétention d’eau » (autrement dit de cette cellulite, n’ayons pas peur des mots, appelons un chat un chat) coincée sur ces mêmes cuisses qui  n’entrent plus dans le jean slim tout neuf…  Tu ne cèdes pas à toutes tes envies de faire des gâteaux, tu évites d’acheter du chocolat, et tu tentes de faire un peu d'exercice (mais bon c’est quand même bientôt noël, hein.. alors bon le chocolat euh… j’dis ça, j’dis rien). 

Alors voilà, en bonne fouineuse et sporteuse expérimentée tu retournes le truc dans tous les sens : tu ne peux plus courir, plus sauter, ni danser, tu ne peux plus grand chose en fait, c’est là que tu décides, envers tes a priori de base, de te laisser tenter par le  Yoga. C’est là que tu prends conscience de toute la place de ce bedon dans ton environnement personnel.

Déjà, tu as du mal à passer entre le volant et le siège conducteur pour aller à ce cours, puis tu fais le constat que tenir debout les jambes écartées en position du guerrier (oui oui, position du guerrier), une jambe pliée, l’autre tendue, ça demande un effort colossal pour ne pas tomber les 4 fers en l’air,  tu te sens ensuite un tant soit peu coincée quand elle te dit de t’allonger sur le ventre pour étirer je ne sais quel muscle, alors évidemment toi, tu fais un truc qui ne ressemble à rien,  tu étires un truc, en étant à 4 pattes, le ventre pendant vers le bas, tout en essayant encore de ne pas tomber. Vient alors le clou du spectacle, la fameuse position du Chien Tête en bas… Imagine un peu le truc, tu fais un triangle qui a pour sommet tes fesses, positionnée sur la pointe des pieds et sur les mains, tous tes membres bien tendus… tu ris en te demandant bien ce que petit poisson doit penser de ces mouvements censés être gracieux et souples… Et tu entends la prof répéter, on rentre le ventre mesdames ! C’est sûr c’est pour moi !

Je ne sais pas si j’ai fait un peu d’exercice, je ne sais pas si j’ai bien respiré, je ne sais tout bonnement pas ce que j’ai fait mais je me suis bien amusée. Quant aux kilos en trop, à l’eau qui s’installe dans mes cuisses, pas sûr que le Chien Tête en Bas me soit d’une grande utilité. Promis j’y retournerai quand je pourrais poser le bedon sur le tapis. En attendant, aller, on souffle, on inspire et on expire, au moins on apprend à gérer la respiration, une aubaine pour le jour J et ses contractions.

illustration : http://9blogueurs9mois.blogspot.fr/2010_11_01_archive.html

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Posté par piloute à 11:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


03 novembre 2013

puisqu'on est dans les souvenirs,

et parce que ce petit texte m'avait touchée il y a de celà une dizaine d'années... Je l'avais repris et illustré pour l'offrir à ma filleule le jour de sa toute première bougie,  lui et un tas d'autres petits textes trouvés au gré de sa première année.

(Note pour plus tard, si d'aventure j'avais un deuxième enfant, c'est un texte, une photo, un poème et autre par jour que je lui offrirais : un pour célébrer chacun des 365 jours de sa nouvelle vie, mais.. on est d'accord, ce sera si d'aventure bla bla bla...)  

Il s'agit donc d'un livre pour enfant. Un illustrateur que j'apprécie particulièrement.Un livre emprunté, et dont j'ai sagement gardé le texte pour faire passer ce joli message.  Tombée dessus par hsard, je l'avais pris à l'époque comme une pensée magique, un signe.. Il faudra que je songe à me l'acheter, maintenant que j'y pense. 

C'est drôle comme parfois ces livres nous parlent à nous et passent comme des histoires sans contours pour le pulic à qui elles se destinent. 

En super-nana-fleur-bleue que je suis, je me suis vue, comme dans les films, être le dépositiaire d'une belle vérité que je transmettais tel un messager, une vérité qui allait littéralement transporter ce petit bout qui venait de naitre. Bref... C'est pas que je me sois trompée mais bon, ces trucs là ça n'a l'air de fonctionner que dans les films.. et dans mon monde à moi.  

(Note pour ma vie d'après : après avoir eu une vie de danseuse, puis une vie d'écrivain, je souhaite avoir une vie de réalisatrice.. pour faire vivre le monde comme je le souhaite et avoir l'illusion d'y croire le temps d'un instant, ce sera de loin ma plus grande liberté!) 

 

Bref, je partage juste pour en garder une trace .. et puis sait-on jamais ce que ce petit texte aura comme effet... (je vous laisse le soin de vous procurer le livre pour lire l'histoire complète et voir les illustrations)

A ma Maman, 

 

sable émouvant

 

Sables émouvants, T. Scotto, Illustrations  E. Battut

Tu sais je crois que le désert est toujours à sa place. Les gens pensent que quand les sables se sont endormis, tout est fini. 

[..]

Mais si le vent éternue, le grand désert change de visage. L'autre jour, je suis allé voir si ton mur de pierre tenais encore debout.  C'est très solide un mur de pierres, je me suis assis dessus et je t'ai attendu.

[...]

Maman dit que tu es parti faire un long voyage, papa dit qu'il ne faut pas pleurer. Mais moi, je ne pleure jamais... sauf si j'ai du sable dans l'oeil, biensûr !

[...]

Tu sais, c'est pas poli de s'en aller sans dire au revoir. Alors comme j'étais en colère contre toi, oui contre toi, j'ai gratté le sable toute la journée, je l'ai poussé pour que ça fasse une montagne encore plus haute que ton mur. J'ai pensé « quand on voit plus les choses, on les oublie ». J'ai presque failli l'enterrer, mais ça m'a fait mal aux doigts.. un peu de sable est entré dans mon œil, c'est juste pour ça que j'ai pleuré! 

[...]

Tu as vu aujourd'hui je suis venu un peu plus tôt, c'est parce que j'avais tout ça à te dire.

Bon il faut que j'y aille maintenant, tu sais il faudrait que tu reviennes vite quand même, parce qu'un jour il sera peut-être trop tard...

Peut-être qu'un jour j'aurai grandi

 

 

 

Posté par piloute à 21:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 novembre 2013

Souvenir... parce qu'il faut savoir aller où notre cœur nous porte..

 

ombre coeur

 

Petite dédicace pour toi ma Petite soeur, qui n'était pas avec nous cette semaine... 

Après donc une petite semaine passée en compagnie de notre Grande Soeur, je me rends compte que le temps de notre enfance est loin derrière nous. La vie défile, pour le meilleur et parfois aussi avec le pire. On se rappelle de certaines choses mais pas de tout, les bêtises et les éclats de rire, des émotions et des ambiances, mais les contours sont flous, quelques souvenirs sont pourtant bien présents, chacune de nous a retenu ce qu'elle voulait rappelant aux autres des moments enfouis bien loin. 

En grandissant, on finit  finalement plus par se croiser que vraiment se voir, on passe quelques heures précieuses lors de week-end familiaux, on profite à fond de ces moments, et puis très vite, trop vite, arrive celui des embrassades, des aurevoirs, celui aussi de derniers signes de la main jusqu'à ce que la voiture soit hors de vue, celui de la larme à l'oeil quand on referme la porte en constatant tous les petits restes de vie dans une maison bien (trop) vide... 

Bref, voilà donc ma Nono un petit souvenir qui me vient directement de toi et qui vient de me revenir, petit extrait d'un livre que tu avais aimé et qui m'avait touchée... à mon tour alors je t'en fais reprofiter, il devrait te plaire! 

 

"Chaque fois que tu te sentiras perdue, indécise, penses aux arbres, souviens-toi de leur façon de pousser. Souviens-toi qu'un arbre avec beaucoup de feuillage et peu de racines peut être déraciné au moindre coup de vent, tandis que dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de feuillage, sa sève court difficilement. Racine et feuillage doivent pousser dans les mêmes proportions, tu dois être sans les choses et au-dessus, ainsi seulement tu pourras offrir ombre et refuge, te couvrir de fleurs et de fruits quand se sera la saison.

Et puis, quand plusieurs routes s’offriront à toi et que tu ne sauras laquelle prendre, n'en prends pas une au hasard, mais assieds-toi et attends. Respire profondément avec confiance, comme le jour où tu es venue au monde, ne bouge pas, tais-toi et écoute ton cœur. Puis quand il te parlera, lève-toi et va où il te porte." 

Va où ton cœur te porte,

Susanne Tamaro

 

Posté par piloute à 11:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]